Seth au pays des murveilles

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Julien Malland né à Paris en 1972 et plus connu sous le pseudonyme de Seth est un artiste internationalement pertinent, ou comme dirait-il, un globe painter. Contrairement à Banksy (également un « globe painter ») qui a prit soin de cultiver son CV en restant anonyme comme le veut la tradition du graffiti, Seth n’hésite pas à mettre son identité en avant pour faire passer ses messages aux thèmes souvent  politiques, sociaux, économiques et personnels, souvent exprimés à travers des portraits d’enfants sans défense. « Mon concept n’est pas de choquer les gens ou de les interpeller mais plutôt d’éveiller leur bienveillance. »

Dans ses portraits figuratifs il utilise en général des adolescents ou enfants en tant qu’éléments sentimentaux. Les pieds et plus encore les mains sont proportionnellement plus petits, surtout comparés à la tête qui est largement plus grosse donnant un contraste de vulnérabilité vis à vis des décors dans lesquels ils se trouvent. Tout comme dans les BD, les têtes sont généralement démesurées pour accentuer les expressions plus facilement et porter l’attention sur le message ou l’humeur. Les pieds et les mains sont la plupart du temps proportionnels pour balancer la tête et soutenir la composition. Avec Seth, les têtes donnent l’impression qu’elles vont flotter hors du bâtiment qu’elles décorent,  les mains étant aussi peu utiles que de minuscules nageoires.

« Mon concept n’est pas de choquer les gens ou de les interpeller mais plutôt d’éveiller leur bienveillance. »

 

Côté actualité, Seth a dernièrement travaillé dans une usine de savon désertée, le Mira Lanza, actuel lieu de squattage pour les migrants Roms à Rome. Il ramène l’image sentimentale de l’enfant de Bartolomé Esteban Murillo au 21ème siècle. Un contenu politique qui est largement plus spécifique d’autant plus que de nos jours l’information est ciblée à une population plus informée. Par conséquent, il aborde des thèmes sur les dépossédés qui lui tiennent plus à cœur, plutôt que de se focaliser sur la pauvreté en général comme les scènes du « genre » andalous de Murillo au 17ème siècle.

Dans cette usine, nous pouvons retrouver des installations inspirées par la destruction de précieux monuments de la Rome antique à Palmyra en Syrie par l’Etat Islamique; des peintures de migrants entassés dans de piètres bateaux en direction des plages italiennes; une image idéalisée d’un garçon accroupi au sol, la tête émergeant dans la lumière intitulé « Lux in Tenebris ». Les références politiques ne sont jamais bien loin comme le prouve un tas de briques utilisé en tant que siège pour une de ses peinture mettant en scène un garçon, cette fois-ci intitulée « Brickseat » en référence au Brexit qui vient tout juste d’être voté.

Nous pouvons trouver une grande variété du travail de Seth à Paris, d’où il est originaire.
Pour voir des exemples de ses oeuvres vous pouvez visiter son site http://seth.fr/