INTERVIEW . Playmoo

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YRC vous fait enfin découvrir le travail de Nicolas, aka Playmoo, à travers cette nouvelle interview. Playmoo est directeur artistique et illustrateur passionné par les traités d’anatomie et de sciences naturelles, inspiration que l’on retrouve à travers ses créations.

YRC : Salut Playmoo. Peux-tu te présenter, toi, ton parcours ?
Trente ans que je m’appelle Nicolas, 50% d’origines germaniques inside, Paris. Mon parcours, c’est une prépa beaux-arts en sortant du bac, suivie de 3 ans de graphisme publicitaire. Aujourd’hui Directeur Artistique en agence de communication avec 8 ans d’expérience. Ce n’est pas une science exacte il me semble.

YRC : D’où vient ton nom, Playmoo ?
Tu ne peux pas me demander ça ! Je crois que l’inconscient a fait la plus grosse part de ce pseudo. Il n’y a, et j’en suis désolé, pas de logique ni d’anecdote incroyable autour de ce nom.

YRC : A quel moment as-tu voulu te lancer dans le graphisme et l’illustration?
Je crois qu’en sortant de l’école, après une ou deux années en agence, j’ai clairement eu envie de faire un « truc à moi ». Je suis persuadé, et ça doit être le cas de pas mal de monde, que si tu remontes à cette époque, il y a eu une convergence entre ma sortie de l’école et l’accès à l’ADSL. C’est une période à laquelle tu prends sérieusement ta claque, avec toutes ces choses dont tu n’avais pas connaissance.
Je pense que ça à été super motivant pour pas mal d’artistes qui ont commencé à cette époque. Ca doit donc faire à peu près 6 ans que j’ai voulu me lancer là-dedans.

YRC : As-tu une manière précise de travailler ? Ton approche est-elle la même pour tous tes projets ?
Je crois oui, même si il est bon de varier les approches pour apporter de la fraicheur dans son travail. Mais je suis quelqu’un qui se documente beaucoup, qui fait beaucoup de préparations avant d’attaquer un boulot, et cela aussi bien pour du perso que pour une commande.

YRC : Comment fais tu pour adapter ton travail à certains projets graphiques qui n’ont pas forcément un univers comme le tien ? Arrives-tu toujours à mettre ta « patte » graphique dans tes projets ?
Jusqu’à présent on est venu me chercher pour cette « patte », justement. Je n’ai donc pas eu besoin de trouver comment l’injecter dans un projet qui n’aurait strictement rien eu à voir. Je ne suis pas quelqu’un qui court après le boulot, ce qui est logique. Je fais ça en plus de mon travail en agence. Les clients que j’ai connaissent pour la plupart ma « patte » graphique, je n’ai donc pas de surprise. Après, ce sont plutôt les thématiques abordées et imposées par la nature de ce boulot qui peuvent dérouter, et s’en imprégner demande pas mal de recherches.

YRC : Tu aimes les tatouages old school, les univers macabres, le dessin à l’encre. Quelles sont tes influences lorsque tu crées ?
Aujourd’hui mes plus grosses influences viennent surtout de l’univers des gravures moyenâgeuses, qu’elles soient religieuses, occultes, qu’il s’agisse de scènes du quotidien, d’événements historiques ou simplement de paysages. Je suis passionné par les traités d’anatomie, de sciences naturelles, qui viennent de cette époque et d’autres bien sûr plus récentes. Ce que j’aime ce sont tous ces tâtonnements et explorations des débuts de toutes ces sciences, les termes et les mots, les images crues qui trichent pas. Dans tout ça, je rajoute mes références aux tatouages, parfois à la sexualité, j’essaie de jouer avec les mots pour créer des thématiques absurdes ou simplement figuratives.

YRC : Admires–tu le travail d’un artiste en particulier ? Quels sont tes sites de veille ?
J’admire en général plus des œuvres que des artistes. Je ne cherche pas à me tenir au courant de ce que font les autres, en tout cas pas ceux qui sont mes « contemporains ». C’est quelque chose que je suis de loin. Mais il y a des artistes pour qui j’ai quand même un gros faible et qui sont très variés : Wayne Barlowe, Albrecht Durer, Jérôme Bosch ou Mike Mignola.

YRC : Tu as déjà fait pas mal d’expositions. Comment se déroulent-elles, quelles en sont les différentes étapes ?
Je n’en ai pas fait tant que ça, mais en général, ça se passe toujours dans le speed. On essaie de faire du buzz pour faire venir les gens. Il faut accrocher, essayer de rythmer au mieux l’espace investi, puis il y a le vernissage, moment de rencontres et d’échanges. Et ensuite tu souffles, le plus dur est passé et si les gens ont apprécié alors c’est parfait.

YRC : Quels sont tes projets sur le feu, et à venir ?
En ce moment je bosse avec la marque OLOW. Grâce à eux, justement, j’ai une expo qui tourne maintenant depuis plus de 6 mois, c’est assez dingue ! Je leur ai fait dernièrement des motifs pour une collection de t-shirts.
Sinon je bosse sur une pochette de CD pour l’album du groupe de Hardcore parisien The Great Divide. J’essaie aussi de trouver le temps et les thèmes pour de nouvelles illustrations perso.

YRC : Je suppose que tu as des projets pro qui t’inspirent plus que d’autres ? Quels sont-ils ?
Eh bien en fait, non. Comme je le disais plus haut, je n’ai pas énormément de projets pro sur une année, et en général les personnes qui me sollicitent connaissent mon univers. A partir de là, ça se passe toujours bien et la motivation la plupart du temps va avec !

YRC : Tu aurais un conseil à donner aux graphistes qui veulent se lancer ?
Justement, aucun. C’est tellement personnel de trouver sa voie que pour moi le meilleur conseil est de faire son chemin sans se laisser parasiter par telle influence ou telle mode. Après, il est important de rester ouvert à ce qui se passe, sans faire l’éponge à outrance.

YRC : Peux – tu nous faire partager un son et/ou une vidéo que tu apprécies en ce moment ?
Un son/vidéo : Dopethrone « Dark Foil » http://www.youtube.com/watch?v=-uhcZYaDNFw
Une vidéo : Negura Bunget « Tesarul de Lumini » http://www.youtube.com/watch?v=ufv3Ycwbcn4&feature=related

YRC : On te laisse le mot de la fin…
Vielen dank für ihrer Aufmerksamkeit.

Le Portfolio de Playmoo : www.playmoo.com