Interview . Louise Blueregard

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Un goût prononcé pour les voyages, le tatouage et la photographie, Louise Blueregard est curieuse, créative et aime apprendre des autres. Elle nous a consacré un peu de son temps en répondant à nos questions. Nous vous invitons à découvrir son univers.

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Crédit Photos : © Maurissio Del Agarde

 

Salut Blue. Parisienne depuis toujours ? Peux tu nous en dire un peu plus sur toi, ton parcours ?
Parisienne moi ? Pas vraiment. L’aventure Parisienne a en réalité commencé il y a deux petites années. Sur un coup de tête, après quelques déceptions relationnelles et professionnelles, j’ai embarqué une valise, quelques affaires et j’ai débarqué dans la capitale, probablement pour tenter ma chance comme beaucoup d’autres.
Je suis fille de militaires, habituée très tôt aux voyages, aux nombreux déménagements, le changement ne me fait pas peur, bien au contraire il me booste.
Je pense que c’est ce qui fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. Quelqu’un de curieux, d’affamé d’apprendre et de découvrir.

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Crédit Photos : © Nicolas Larrière

 

Chez YRC on a un goût prononcé pour le graffiti, l’illustration, le tatouage et la photo : qu’elle est la forme artistique qui t’inspire le plus et pourquoi ? 
Je suis inspirée par un tas de choses en fait. J’aime toucher à tout, mais j’aime surtout regarder les gens faire, les écouter parler de ce qui les passionne et les font vivre. Donc je ne saurais pas avoir de préférence, chaque forme d’art m’inspire à sa manière. Même si actuellement, je suis pas mal plongée dans les milieux du tatouage et de la photographie.

Tu dessines, hobby ou véritable moteur ? 
D’aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours gribouillé. Avec plus ou moins de réussite, mais ça a toujours été là. J’ai fais de courtes études de design industriel, c’était fou et passionnant mais ça m’a un peu dégoûtée du dessin. C’est beaucoup de rigueur, beaucoup de travail, j’avais perdu le côté plaisant de celui-ci. Je m’y suis remise en arrivant à Paris, cette ville est un booster de créativité, j’ai rencontré des artistes passionnés qui m’ont donné envie de me dépasser, de prouver qu’en bossant (merci aussi les études), on pouvait atteindre les objectifs que l’on voulait.

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Crédit Photos : © Solenne Jakovsky

 

Quel(s) est(sont) l’(les) artistes(s) qui t’inspire(nt) ?
Je suis de la génération Y, nourrie et élevée par l’apparition d’Internet et des réseaux sociaux. Je vous laisse imaginer la quantité d’artistes inspirants et talentueux dont je peux suivre le travail au quotidien.

Mais si je devais citer quelques artistes dont le boulot et la personnalité m’inspirent alors je notifierais principalement : Sacha Madewithlove, Sad Amish, Johnny Gloom, Laurayahna et Maradentattoo pour le tattoo et bien sûr Solenne Jakovsky, Martial Lenoir et Dedalus en photographie.

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Crédit Photos : © Nicolas Larrière

 

D’où vient ton goût pour l’art et le tatouage ?
C’est assez difficile de donner une réponse précise à « d’où viens ton goût pour l’art ? ». Je pense juste que je fais partie de ces personnes plus sensibles à ce qui nous entoure, et que j’ai un tempérament créatif. C’est plus naturel pour moi de gribouiller des fleurs assise sur un banc que de conduire un tracteur. (Comparaison pourrie, mais en fait, je voulais simplement vous dire que JE RÊVE de conduire un tracteur, si jamais un agriculteur me lit).

Pour ce qui est du tattoo, c’est encore différent. Une histoire de famille, et surtout de femmes. Ma maman m’a offert le premier à mes 16 ans, une expérience étonnante. Il a suffit que je parte vivre à Tahiti par la suite et c’était foutu. J’ai eu la chance d’observer ma mère se faire tatouer là bas, la chance de côtoyer une culture dans laquelle le tatouage a une place à part entière. J’ai vu des tatouages traditionnels, gravés sur des visages, sur des corps. Pour moi c’était tellement naturel, tellement fascinant. La machine était lancée, j’étais dedans.

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Crédit Photos : © Thomas Babeau

 

Il est fou ton renard ! Pourquoi ce tatouage ? Peux tu nous en dire plus ?
Hahaha le fameux renard de Sacha Madewithlove, ma première vraie grosse pièce. J’avais pris rendez-vous avec lui à Toulouse, j’ai dû annuler avec une tristesse immense. Puis lors de mon arrivée à Paris, une des premières choses que j’ai faite a été de reprendre rendez-vous, six mois en avance, le temps nécessaire pour économiser. Cette pièce je la voulais plus que tout, hors de question de ne pas pouvoir assurer.

Je n’aime pas trop (plus trop) raconter le « pourquoi du comment » de ce que je me fais encrer, pas que ce soit « personnel » ou autre, simplement car je suis sincèrement et avant tout attachée au côté esthétique du tatouage. Ma démarche je la traduirais par la rencontre d’un artiste avant toute chose, j’aime le travail de Sacha, et Sacha aime les animaux alors je voulais des animaux par Sacha. C’est tout simple. Je veux que l’Artiste reste libre de faire quelque chose qui l’inspirera et qu’il aimera. Je donne quelques pistes et le reste c’est selon son ressenti. Je n’ai jamais peur, je sais que ce qui en ressortira sera fait avec envie et non par obligation. Ça me plaira quoi qu’il arrive.

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Crédit Photos : © Thomas Babeau

 

Tu as été modèle pour plusieurs photographes. Est-ce principalement des projets professionnel ou une passion ? Les quels as-tu préféré ?
Je suis modèle alternatif depuis maintenant cinq ans. C’est avant tout une passion, une lubie arrivée un peu par hasard dans ma vie. Néanmoins, je met un point d’honneur à ne pas « travailler » gratuitement. Une passion certes, mais il y a quelques limites. J’aime tout ce que j’ai pu expérimenter dans ce domaine pour le moment, mais j’avoue avoir toujours de petites préférences, notamment pour mes séries avec Solenne Jakovsky, Martial Lenoir, Dedalus et récemment Marion Colombani. J’aime que le résultat d’une séance ne soit pas simplement lié qu’à un « physique » mais avant tout à une émotion. Je ne shoot pas parce que je suis tatouée et que c’est cool, je shoot parce que ça me permet d’explorer différentes facettes de ma personnalité.

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DA : © Valentine Jaquier  – Crédit Photos : © Fabio Piemonte

 

Et demain ? Des projets ?
Demain ? J’ai de chouettes projets, qui je l’espère finiront par aboutir, mais il va falloir du temps et beaucoup de travail.

Autre que Paris, une ville, un pays qui t’inspire ?
Si je devais partir demain, je vous avoue que je ne saurais pas où aller. J’ai envie de tout découvrir, rencontrer des gens, d’autres cultures. Je pense que tout se fera au jour le jour, probablement lorsque j’aurais trouvé un ou des compagnons d’aventures. En tout cas je retournerais sans hésiter à Tahiti, c’est un peu mon rêve, je dois beaucoup à cette île, sa population qui m’a accueillie et fait grandir, je pense que je n’en ai pas assez profité.

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DA : © Valentine Jaquier  – Crédit Photos : © Fabio Piemonte

 

Question récurrente de nos interviews : un son et/ou une vidéo à nous faire partager ?
J’écoute tellement de choses différentes au quotidien, vous seriez étonné. Par exemple je dois avouer écouter pas mal de Booba quand je dessine (oui je sais). Mais si je devais partager un clip, qui m’a complètement inspirée et subjuguée, je dirais  » The less I know, the better » de Tame Impala. Je vous laisse le visionner pour comprendre.

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